Retour Suite MELANCOLIE
Les raisins sont rentrés et les arbres pleurent mes sanglots Dans le coeur de la terre j'entends comme un écho De bruits d'ailes froissées tristes comme l'oubli Les cris désespérés de l'été qui s'enfuit. L'hiver dans la vallée dresse son voile gris Et les arbres blessés se couvrent d'ennui Sur mes épaules, mes paupières, s'abat en blanches volées Tout le poids de la terre de ces années passées. Ce rubis que tu portais là tout au fond de ton coeur Comme un oiseau blessé à perdu sa douceur Et dans ta gorge si profonde se perdent les fontaines Et sur ton corps s'est posée l'ombre de ce voile de haine. Pour qu'éclate soudain cette étrange prière Que nos mains déliées du désir et vaincues Délivrent enfin sans remors ni mystères L'ouragan de nos amours perdus. Tous ces mots que tu attendais étaient dans mes musiques Tu ne les a pas trouvés, trop simple, trop pressée Perdue dans ton sommeil, mangée par le chant d'un été Ils retombent aujourd'hui sur mon front en pluie glacée En pluie glacée.
21